Théâtre de Bourg en Bresse (Ain-01)

La scène conventionnée marionnette

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La scène conventionnée marionnettes


Une première en France

Depuis le 1er janvier 2008, le Ministère de la culture et de la communication - DRAC Rhône-Alpes nous a accordé sa confiance en nous nommant pour 4 ans « Scène conventionnée pour le théâtre de marionnettes et le théâtre d’objets ». Cette distinction au niveau national nous honore et nous engage à poursuivre une programmation permettant de faire découvrir au plus large public toutes les facettes de cet art populaire.

La marionnette : objet inanimé…

La marionnette a ceci de très étrange qu’elle nous renvoie à notre part d’enfance et non à l’enfant qui s’amusait des coups de bâton du guignol. Il faut en effet une sacrée dose de naïveté et de supposée crédulité pour « croire » qu’un objet inanimé vit réellement, ne serait-ce qu’un instant, sur les planches du Théâtre. Et pourtant !
Les Danaïdes 174Et pourtant, ce n’est pas seulement l’image de cette « naïveté » qu’elle nous renvoie, c’est aussi notre part la plus intime d’adulte : voici un objet, une poupée investie de nos projections intimes, de nos fantasmes, de notre rapport à la solitude, à la mort (à l’inanimé).
La marionnette, c’est le merveilleux.
C’est aussi notre part d’ombre, notre double caché.
La marionnette, c’est l’alchimie entre l’esthétique de l’objet, la virtuosité du marionnettiste, qui est comme un jongleur avec ses fils, ses tiges, ses doigts, et l’intelligence de la mise en scène.
C’est aussi un art de la proximité, de la complicité entre l’artiste et le public. Pour que cela marche, il faut que le marionnettiste croit que son personnage lui échappe et que le spectateur croit lui aussi que le personnage, d’objet mort, accède à une vie éphémère de plateau.

Pour la reconnaissance d’un théâtre de marionnettes pour adulte

C’est pour nous une responsabilité nouvelle de faire découvrir au public toutes les facettes de cet art populaire, que la plupart d’entre nous connaît au travers des « guignols de l’info ». Car la marionnette ne se résume pas à ces protagonistes du petit écran, ni au petit personnage présenté dans les jardins d’enfants… De tout temps, la marionnette s’est adressée à un public adulte. Au début du XXème siècle, la marionnette pour adulte (sans connotation grivoise) s’exprime surtout dans les cabarets. Au fil du siècle, ces lieux disparaissant, la marionnette, pour survivre, a dû se tourner vers le jeune public. Aujourd’hui encore, beaucoup de compagnies de théâtre de marionnette et de théâtre d’objets jonglent entre spectacles pour enfants et spectacle pour adultes, ces derniers étant ceux pour lesquels ils prennent le plus de risque.
Depuis la fin du XIXème siècle, la marionnette et l’objet théâtral sont devenues des signes spécifiques de la théâtralité contemporaine voire de la création artistique abolissant les frontières entre théâtre, langage du mouvement et art plastique : avec les travaux d’Appia, qui a posé le premier les bases de la scénographie moderne, les écrits et réflexions de Gordon Graig sur le théâtre de figures, puis les enjeux esthétiques du début du XXème siècle de l’Ecole du Bauhaus, du mime Danois Oscar Schlemmer ainsi que les influences conjuguées du Dadaïsme et du surréalisme.
La marionnette a ainsi développé des recherches esthétiques propres qui répondent aux souhaits protéiformes des metteurs en scène, de certains chorégraphes, de scénographes, de plasticiens qui cherchent soit une voie nouvelle de l’émotion et du geste théâtral, soit une manière de répondre à l’utopie du spectacle total, ou encore une forme innovante du mélange des arts entre art plastique et art théâtral.

Ce sont ces enjeux, ces questionnements, ces façons de tirer un art éminemment populaire vers de nouveaux horizons que nous souhaitons mettre au cœur de la programmation.